Le Vin blanc avec macération fait son entrée en 2020 dans la catégorie Vins spéciaux. Considérant la méthode géorgienne de vinification à l’ancienne dans des kvevris traditionnels, inscrite en 2013 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, l’Assemblée Générale de l’OIV a adopté, dans la résolution OIV-ECO 647-2020, la définition des vins en kvevris.
Voir l'interview de la représentante de la Géorgie à l’OIV Anna Godabrelidze avec le Ministre de la Protection de l’Environnement et de l’Agriculture de la Géorgie, M. Levan Davitashvili.
La discussion sur les vins blancs de macération a été introduite à l’OIV à l’initiative de la Géorgie en 2017. Les vins produits selon le procédé ancestral en Géorgie dans les jarres en terre cuite enterrées avec un contact prolongé avec les peaux et les rafles du raisin constituent en quelque sorte une carte de visite de ce pays. Cette méthode de production confère aux vins des propriétés gustatives particulières et une couleur parfois ambrée – orangée. Une introduction en tant que catégorie particulière des vins spéciaux dans le code International des Pratiques Œnologiques de l’OIV, au même titre que les vins de glace, les vins de liqueur et les vins spéciaux est une avancée majeure pour la Géorgie dans la reconnaissance de la valeur historique, technique et culturelle de sa vitiviniculture.
Le succès de la reconnaissance de l’histoire et de la culture de la vigne en Géorgie n’est pas le fruit du hasard, mais d’une politique de recherche et de promotion menée de façon centralisée. Les résultats de la reconnaissance internationale ne sont pas les moindres :
- La méthode géorgienne de vinification à l’ancienne dans des kvevris traditionnels a été inscrite en 2013 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
- En 2017 l’article de recherche publié dans le prestigieux PNAS (Proceedings of the National Academy of Science of the United States of America) atteste par l’étude des biomarqueurs de la présence de la vigne dans le Caucase du Sud et sur le territoire géorgien au début de la période néolithique (6000 – 5800 avant JC).
- En 2017 le livre des records de Guinness reconnait les résidus du vin trouvé dans les fouilles archéologiques à Gadachrili Gora et Shulaveris Gora comme étant le vin le plus vieux au monde (6000-5800 avant JC).
La définition d’une nouvelle catégorie de produits permettra de faire connaitre les vins en kvevri auprès des professionnels et des consommateurs pour qu’ils soient jugés et appréciés en tenant compte de leur mode de production et des particularités gustatives. Le goût tannique, la couleur ambre-orangée pourront ainsi être mieux être expliqués aux consommateurs et professionnels. La distinction dans les concours des vins en tant que catégorie spécifique sera également possible.
Les vins blancs avec macération ne sont pas produits uniquement en Géorgie. D’autres pays, comme la France, l’Italie, la Slovaquie proposent également des vins oranges. C’est bien une définition internationale qui complète le Code International des Pratiques Œnologiques de l’OIV. Détail d'un kvevri, une grande jarre de terre cuite, d'une contenance de 800 à 3 500 litres, originaire de la Géorgie

Objectif général et organisation du cours ?
L'objectif principal est à la fois de former des professionnels et des experts dans le domaine de " l'Ampélographie et Ressources Génétiques ", et de créer un réseau de pôles et d'experts qui puissent échanger en permanence autour de ce thème important pour le secteur vitivinicole. Pour ce faire, les cours sont conçus en collaboration avec des acteurs internationaux et l'OIV s'est appuyé sur les connaissances et l'expérience des grands centres techniques, de recherche et de formation de France et d’Espagne :
- la France - Montpellier, en coopération avec l’IFV (Institut français de la vigne et du vin), l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et l’Institut Agro Montpellier SupAgro)-, fort de sa solide expérience dans ce domaine, devait initialement organiser le cours en juillet 2021. Compte tenu du contexte sanitaire international et afin d'offrir de meilleures conditions aux participants, cet important centre mondial d'ampélographie a décidé de reporter le cours pour cause de force majeure à juillet 2022.
- l’Espagne, Madrid – pour sa première édition1, le Cours International d'Ampélographie de l'OIV devrait avoir lieu début septembre 2021 à la Collection de Variétés de Vigne de "El Encín", Alcalá de Henares (Madrid), appartenant à l'IMIDRA (Instituto Madrileño de Investigación y Desarrollo Rural, Agrario y Alimentario). Il s'agit d'un important centre de référence dans la Communauté de Madrid et en Espagne où sont menés à bien les projets de recherche agroalimentaire et agro-environnementale.
Au cours des années suivantes, l'OIV souhaite célébrer ce cours dans d'autres pays d'Europe et ultérieurement dans l'hémisphère sud. Cela explique pourquoi le 5ème jour de formation est consacré au prochain pays hôte du Cours international d’ampélographie et à l’évaluation des connaissances acquises.
Afin de garantir une harmonisation et une qualité de formation dans les cours dispensés dans les différents pays, une évaluation des connaissances acquises sera effectuée et l'OIV délivrera un certificat attestant de la participation aux cours.
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1 L'édition 2021 dépendra du contexte sanitaire dû au COVID. Plus d'informations à venir en mai.

À qui ce cours est-il dirigé ?
Professionnels et chercheurs du secteur vitivinicole : un diplôme en sciences agronomiques ou une expérience équivalente dans le domaine est requise.
Le Cours international d’ampélographie de l’OIV aspire à offrir une connaissance approfondie dans la discipline de l’étude des variétés de vigne à l’ensemble des professionnels du secteur vitivinicole. Initialement, ces cours sont destinés aux professionnels travaillant dans les domaines de la viticulture, des ressources génétiques, du matériel végétal de la vigne ou de la recherche. Au cours des prochaines années, ils seront ouverts à d’autres professionnels du secteur : participants souhaitant actualiser leurs connaissances en ampélographie et/ou sur la vigne et ses variétés, experts du secteur vitivinicole désirant enrichir leur activité d’une connaissance des variétés de vigne et transmettre une information plus complète au grand public, avide d’en savoir toujours davantage sur les vignes, leurs variétés et les produits qu’ils consomment.
Au cours des prochaines années, ils seront ouverts à d’autres acteurs du secteur : tout expert souhaitant actualiser ses connaissances en ampélographie, un domaine en pleine évolution ; professionnels de l’œnotourisme.
Pourquoi participer à ce cours ?
Le secteur vitivinicole actuel se trouve face à une prise de conscience environnementale et sociale croissante, et une gestion adéquate des ressources génétiques de la vigne constitue la seule voie viable pour relever ces défis. Notre secteur est pleinement conscient de ces enjeux, qui sont au cœur du Plan stratégique 2020-2024 de l'OIV.
D’autres sujets d’attention se présentent, comme la réévaluation des variétés de vigne anciennes et indigènes, l’adaptation des variétés de vigne étrangères ou l’étude de nouvelles variétés (résistantes par exemple aux stress biotiques et abiotiques).
Aperçu du cours :
- Langues : espagnol/anglais/français
- Entre 15 participants afin de respecter la distanciation physique
- Durée : 5 jours
- Connaissance pratiques de pointe
- Enseignants hautement qualifiés issus de plusieurs pays
- La garantie d'un réseau international d’experts dans le domaine
- Inscription annuelle (chaque édition nationale spécifiera sa propre procédure d’inscription)
- Certificat d'ampélographie de l'OIV
De plus amples informations sur les frais et la procédure d’inscription seront disponibles prochainement.
Pour plus de détails, veuillez envoyer un e-mail à : oivampelography@oiv.int
A lire aussi
Trente-trois ans après sa première édition, le prestigieux Cours international d’ampélographie de l'OIV fait son retour.
Offert par l’Organisation scientifique et technique de référence dans le monde de la vigne et du vin, ce cours d’ampélographie de l’OIV permettra aux participants d’acquérir une connaissance approfondie dans le domaine de l’identification et de la compréhension des variétés de vigne, contribuant à mieux les préparer aux enjeux futurs du secteur vitivinicole (dernières tendances en ressources génétiques, changement climatique, attentes de la société vis-à-vis du et de l’environnement, etc.).
Contexte historique
Le Cours international d’ampélographie de l’OIV s’inscrit dans un contexte historique global remontant à 1938, lorsque le terme « ampélographie » a pour la première fois été cité par l’OIV. Près de 10 ans plus tard, en 1949, une commission sur l’ampélographie a vu le jour, avec pour objectif de conduire la création d’un Registre ampélographique international.
Dans les années 1990, au vu de l'importance de l'identification des variétés dans le secteur vitivinicole international et de la nécessité de diffuser plus largement les travaux techniques et scientifiques menés dans le domaine de l’ampélographie, l’OIV a lancé un premier cycle de cours d’ampélographie : en 1988 en Italie (ISV Conegliano), en 1990 en France (ENSA Montpellier) et en 1992 en Allemagne (BZWG-IR Geilweilerhof). Aujourd’hui, l’OIV relance cette initiative avec un nouveau cycle de cours internationaux d’ampélographie. Ce cours aux connaissances pratiques et de pointe sera dispensé par des experts de différents pays.
Comment ce cours va-t-il être organisé ?
L'objectif principal est à la fois de former des professionnels et des experts dans le domaine de " l'Ampélographie et Ressources Génétiques ", et de créer un réseau de pôles et d'experts qui puissent échanger en permanence autour de ce thème important pour le secteur vitivinicole. Pour ce faire, les cours sont conçus en collaboration avec des acteurs internationaux et l'OIV s'est appuyé sur les connaissances et l'expérience des grands centres techniques, de recherche et de formation des pays suivants :
la France - Montpellier, en coopération avec l’IFV (Institut français de la vigne et du vin), l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et l’Institut Agro - Montpellier SupAgro - et l’Espagne - la Collection de variétés de vigne « El Encín » Alcalá de Henares, Madrid, appartenant à l’IMIDRA (Instituto Madrileño de Investigación y Desarrollo Rural, Agrario y Alimentario).

Pourquoi l’OIV cherche-t-elle à promouvoir et diffuser l’ampélographie : une discipline majeure d’actualité
En tant que référence technique et scientifique dans le monde de la vigne et du vin, le rôle de l’OIV est de participer activement à la promotion de cette discipline fondamentale, la connaissance du vin résultant de la compréhension de la vigne. En réaffirmant la nature scientifique et technique de l’ampélographie, l’OIV met en relief le fait que cette discipline embrasse aussi bien la tradition que l’innovation. Dans ce monde en perpétuel changement, le rôle de l’OIV et de ses experts est de contribuer à développer et soutenir l'ampélographie et les ressources de la vigne en tant que domaines cruciaux pour la durabilité du secteur.
De plus amples informations sur les frais et la procédure d’inscription seront disponibles prochainement.
Pour plus de détails, veuillez envoyer un e-mail à : oivampelography@oiv.int

Azélina Jaboulet-Vercherre
Professeur associée, Ferrandi Paris
Tout homme cultivé a deux pays : le sien et la France1
Thomas Jefferson (1743-1826), l’un des pères de la démocratie américaine, auteur de la Déclaration d’Indépendance (4 juillet 1776), fait figure d’ardent défenseur du vin. Son visage d’œnophile le situe à la fois bien dans son siècle et l’impose comme précurseur, savoureux paradoxe.
Le vin, étendard de la modération
Homme de son temps, il l’était par son allure cosmopolite, sa culture humaniste et ses positions philosophiques. Il était formel : le vin se distingue des alcools. Mais il est allé bien au-delà, comme le firent les opposants aux ambitions prohibitionnistes de la première heure, en imposant le vin comme remède contre l’alcoolisme. Il rejoint ainsi les longues lignées de médecins érudits qui, depuis les auteurs du corpus hippocratique, l’avaient classé parmi les outils thérapeutiques les plus efficaces.
Un ambassadeur dans les vignes
Alors qu’il était basé à Paris en qualité de ministre plénipotentiaire des jeunes Etats-Unis d’Amérique en France (1784-1789), le « foreign gentleman » (c’est ainsi qu’il se plaisait à s’auto-intituler) a sillonné incognito la France et ses vignobles, renforçant toujours un peu plus sa conviction des bienfaits du vin sur la santé physique et mentale2. Ses carnets de notes nous emmènent sur les traces de cet esthète du vin et des vignobles, qu’il a su apprécier aussi pour leur beauté3. Il en ressort une série alléchante de routes des vins présentées de manière imagée et personnalisée. Sous sa plume, en effet, le vin prend une vie digne d’un personnage de roman animé de brio. Avec panache, il peint un portrait gourmand des vins donnant l’eau à la bouche et nourrissant l’envie de fouler les rangs des vignes dont ils furent issus. Le pittoresque côtoie l’observation rigoureuse dans ses carnets de route.
Valeur diplomatique
Le gentleman diplomate a un goût sûr et livre ses préférences. Dégustateur inspiré, il a élaboré un classement des vins du Bordelais que l’on peut rapprocher de celui, plus connu, de 1855. On oublie parfois l’origine comptable (inspirée des données fournies par les courtiers de la Place à la demande de Napoléon III) de ce dernier. Jefferson ne négligea pas non plus les éléments matériels (le prix et l’impact fiscal) et techniques (les manières viticoles). Pourtant, on aimerait trouver son classement plus sensoriel, plus sensualiste – plus esthétique. On se plairait à lui trouver les élégantes résonnances d’une vie mondaine accomplie.
Jefferson ne s’est pas arrêté aux deux « monstres sacrés » du vignoble français (Bourgogne et Bordeaux) ; il a aussi arpenté les terres viticoles du sud de la France, de l’Italie du Nord, puis celles du Rhin, de la Moselle et de Champagne. Un tel panel s’est agrémenté, au fil du temps et de son profil de dégustateur, du Rhône, du Languedoc, du Roussillon, de l’Espagne ou encore du Portugal. Sa curiosité, son énergie, sa capacité de concentration furent toutes mises au service de sa motivation d’œnophile, lui faisait braver les difficultés d’expédition du vin (durée d’acheminement, conditions climatiques, attaques pirates). Il favorisait les échanges directs avec les producteurs – pour les conditions tarifaires comme pour la conversation – au point de devenir un référent pour les services fiscaux. Un usage intelligent de la voie diplomatique dont on se surprendrait encore à rêver aujourd’hui.
Célébration du vin
Grâce, entre autres, à Lafayette, il put jouir de la vie des Lumières parisiennes les plus éclatantes. On l’imagine à son aise dans ces salons, l’esprit aussi vif que certains vins qu’il décrit (il appelle brisk les vins que nous appelons aujourd’hui « perlants », voire pétillants).
Jefferson n’était pas un collectionneur au sens muséal du terme. Pour lui, boire était célébration. Raisonnable fêtard que cet auguste personnage. Personne ne contestait alors sa conviction que le vin est chose sérieuse. Il convient de n’en pas galvauder la réception, moment mêlant la sensation, l’émotion, la culture : le sens historique.
Le puritain a trouvé dans le vin un moyen puissant d’évangélisation, le bon goût ne pouvant se passer de tempérance. Il comprenait le rôle social du vin : le « savoir-vivre » ne saurait s’entendre sans « savoir-boire ». Et ces savoirs-là, à l’époque, étaient français. Il s’agissait d’en exporter et dupliquer les modèles, le premier wine connoisseur de la nouvelle Amérique pensait-il.
Gardons en mémoire, avec Jefferson, lui-même héritier de millénaires de civilisation, le rôle du vin comme noble moyen d’expansion du savoir et savoureux outil d’expression culturelle.
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1 Th. Jefferson, cité dans Bernard Ginestet, Thomas Jefferson à Bordeaux et dans quelques autres vignes d’Europe, Bordeaux, Mollat, 1996, p. 118.
2 De la riche bibliographie sur le vin et Jefferson, je citerai notamment John Hailman Thomas Jefferson on wine, Jackson: University Press of Mississippi, 2006 ; Jim Gabler. Passions: The Wines and Travels of Thomas Jefferson, Baltimore, Bacchus Press, 1995 ; Jim Gabler. An Evening With Benjamin Franklin and Thomas Jefferson: Dinner, Wine, and Conversation, Baltimore, Bacchus Press, 2006 ; Frederick J. Ryan, Jr., Wine and the White House : a History, The White House Historical Association, 2020, p. 20-25.
3 Thomas Jefferson. Thomas Jefferson’s European Travel Diaries, éd. James McGrath Morris, Persephone Weene, Ithaca, Isidore Stephanus Sons, 1987.

L'OIV salue la signature d'un accord de consortium entre Viña Concha y Toro (Chili), Moët Hennessy (France), Sogrape (Portugal), Familia Torres (Espagne) et Yalumba Family Winemakers (Australie) visant à contribuer, à promouvoir et soutenir la diffusion scientifique et technique de l’Organisation.
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